Moroccan investor standing in front of an apartment building worried about Airbnb restrictions.

Copropriété et location courte durée au Maroc : que dit la loi et que faut-il vraiment savoir ?

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Cet article est écrit par la MREA

La location courte durée, notamment via des plateformes comme Airbnb, est en plein essor au Maroc. De nombreux investisseurs s’y intéressent, mais une question revient souvent : est-ce que le syndic ou l’union des copropriétaires peut interdire la location de mon appartement ?

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Ce que dit la loi marocaine

La législation marocaine est très claire sur ce point :

  • Le droit de propriété est un droit constitutionnel (article 35 de la Constitution): Tout propriétaire a la liberté d’utiliser et de disposer de son bien, sauf dans des cas précis prévus par la loi.
  • La loi sur la copropriété (article 12) interdit toute clause qui viendrait limiter ce droit: En d’autres termes, un règlement intérieur ou une décision collective ne peut pas empêcher un propriétaire de louer son appartement, que ce soit en longue durée ou en courte durée.
  • Le rôle du syndic et de l’union des copropriétaires se limite à la gestion et l’entretien des parties communes, ainsi qu’au respect du voisinage et du règlement général de l’immeuble (propreté, nuisances sonores, sécurité).

En résumé, aucun syndic n’a le droit légal d’interdire la location courte durée. Tout propriétaire est libre de louer son appartement de la manière qu’il souhaite, tant qu’il respecte la loi et les bonnes pratiques de voisinage.

📉 Mais attention : légal ne veut pas dire idéal pour le business

Même si la loi est de ton côté, cela ne veut pas dire que la location courte durée est toujours le meilleur choix en copropriété. Voici pourquoi :

  1. Conflits de voisinage :
    Les allées et venues fréquentes de voyageurs peuvent créer des tensions avec les autres résidents, surtout dans des immeubles à vocation familiale. Ces conflits peuvent nuire à ta réputation dans l’immeuble et rendre ta gestion plus compliquée.
  2. Pression indirecte du syndic :
    Même sans pouvoir légal, un syndic mécontent peut multiplier les contrôles, les remarques ou les obstacles administratifs (ex. accès aux parkings, gestion des clés, formalités diverses). Cela peut ralentir ton activité.
  3. Mauvaise expérience client :
    Si les voisins ou le syndic sont hostiles, tes locataires risquent de se sentir mal accueillis. Cela peut impacter tes évaluations sur les plateformes comme Airbnb et réduire ta rentabilité.
  4. Risque d’image et de pérennité :
    Construire un business sur une stratégie qui crée de la friction constante avec ton environnement immédiat n’est pas viable sur le long terme. Un bon investissement doit être serein, scalable et pérenne.
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Le Maroc attire de plus en plus d’investisseurs avec une croissance soutenue.

⁠La meilleure approche pour l’investisseur

  • Choisir le bon type d’immeuble : privilégier les résidences où la location courte durée est déjà acceptée ou pratiquée.
  • Anticiper la stratégie : dans certains cas, il peut être plus rentable d’opter pour la location moyenne ou longue durée (notamment avec des sociétés de sous-location) qui génère moins de tensions.
  • Dialoguer avec le voisinage : expliquer ton activité et montrer que tu mets en place un processus sérieux (check-in encadré, respect du règlement, service de ménage, sécurité).

Conclusion

La loi marocaine protège ton droit de louer ton appartement en courte durée, et aucun syndic ne peut légalement t’en empêcher. Mais un investisseur avisé ne se limite pas à ce qui est légal : il pense aussi à ce qui est durable et rentable.
En immobilier, la clé n’est pas seulement d’acheter au bon prix, mais aussi de choisir le bon produit dans le bon environnement.

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